Anne-Sophie Bonno, Artiste peintre et copiste   Copie au musée du Louvre de la Suzanne au bain par Anne-Sophie Bonno

 
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La copie de tableaux

 

« Il faut copier et recopier d’après les maîtres et ce n’est qu’après avoir donné toutes les preuves d’un bon copiste qu’il pourra raisonnablement vous être permis de faire un radis d’après nature. » Edgard Degas.


Comme la musique, la peinture exige avant tout du travail de la rigueur, une régularité dans la pratique, de l’obstination avec une touche de perfectionnisme. En matière de copie, l’observation est primordiale et la pratique du dessin aide à perfectionner le regard. 

L’histoire de l’art peut vous aider à lire et à comprendre une peinture mais pour copier cette peinture, vous devez vous appuyer sur la maîtrise des matériaux et des techniques picturales. A travers la copie du tableau, le copiste essaie un peu de pénétrer l’univers du peintre.
Copier les maîtres, c’est aussi progressivement apprendre à mieux se connaître. Une œuvre d’art n'est vivante que si elle permet d'en créer d’autre. « Conversation privilégiée » avec l’œuvre d’art et son auteur, la copie permet d’apprivoiser les différentes gestuelles des maîtres afin de mûrir sa propre personnalité et de se forger progressivement un style.


Copie en cours de réalisation au musée d'Orsay - Claude Monet - Carrières St Denis, aujourd'hui carrières sur Seine - Copie en cours de réalisation au musée d'Orsay
Claude Monet - Carrières St Denis, aujourd'hui carrières sur Seine
Peinture à l'huile sur toile, 1872
Musée d'Orsay, RF 1674


Présentation de la copie :

Comme le témoigne Jean-Pierre Cuzin, ex conservateur général chargé du département des peintures du Louvre :
« De la peinture naît la peinture : ce n’est pas le spectacle d’un lapin mort qui oblige Chardin à peindre, c’est la vue d’un tableau de Jan Tyt (…) En copiant, l’artiste a le sentiment d’être fidèle à l’idée même de peinture, tout en ressentant fortement la nécessité de faire autre chose. ».

Jusqu’au début du XXème siècle, l’enseignement artistique imposait aux élèves de copier les tableaux anciens. L’argument avancé était qu’ils formeraient leur goût. Matisse dans sa jeunesse s’imposât de copier Chardin, Titien, Vélasquez, «  par culture d’esprit esthétique ». Il est évident que la simple imitation réduit l’inspiration et qu’il y aurait une lassitude à recommencer indéfiniment ce qu’un autre a découvert. Pourtant, la copie reste en fait un procédé inévitable dans l’apprentissage de l’art.
Dans le domaine de l’apprentissage artistique et avec la pratique de la copie, le constat est qu’il n’y a pas d’hérédité artistique : il y a une formation et une culture artistique. La copie de peinture apprend à avoir une vision de l’intérieur de l’œuvre étudiée, c’est une méditation par les gestes. L’enjeu de cet exercice est d’être, non un copieur mais un bon copiste qui produira une copie créatrice, germe d’invention et de progression dans un cheminement artistique très personnel. On ne naît pas artiste, on le devient et le « génie » artistique existe mais doit s’appuyer sur du travail, une lecture des œuvres d’art existantes, une perpétuelle remise en question et certaine insatisfaction.
Van Gogh exprime bien cette inquiétude propre à l’artiste, dans une lettre de Saint Rémy, destinée à son frère Théo  et lui explique pourquoi il copie Les travaux des champs de Millet :
« Ce que je cherche là-dedans et pourquoi il me semble bon de les copier, je vais tâcher de te le dire. On nous demande toujours à nous autres peintres toujours de composer nous même et de n’être que compositeurs. Soit mais (…) il n’est pas de rigueur qu’il n’y a que le compositeur qui joue ses propres compositions. Bon- moi surtout et à présent malade, je cherche à faire quelque chose pour me consoler, pour mon propre plaisir. Je pose le blanc et le noir de Delacroix ou de Millet ou d’après eux devant moi comme un motif. Et puis j’improvise la couleur là-dessus, mais bien entendu pas tout à fait étant moi, mais cherchant des souvenirs de leurs tableaux – mais le souvenir, la vague consonance des couleurs qui sont dans le sentiments sinon justes- ça c’est une interprétation à moi. Un tas de gens copient – moi je m’y suis mis par hasard et je trouve que cela apprend et surtout parfois console. »

 

Reiner Nooms, dit Zeeman - Marine, Barque accostant un gros voilier, 16e, Peinture à l'huile sur cuivre, Copie au musée du Louvre RF 3727

Reiner Nooms, dit Zeeman - Marine, Barque accostant un gros voilier, 16e
Peinture à l'huile sur cuivre, Copie au musée du Louvre RF 3727

 

Ecrits d’artistes sur la copie

« J'avais eu d'abord le violent désir d'être peintre. La couleur m'attirait. Je montais souvent là-haut pour admirer les Titien et les Rembrandt. Mais hélas ! Je n'avais pas assez d'argent pour m'acheter des toiles et des tubes de couleurs. Pour copier les antiques, au contraire, je n'avais besoin que de papier et de crayon. Je fus donc forcé de ne travailler que dans les salles du bas et j'y pris bientôt une telle passion pour la sculpture que je ne pensai plus à rien d'autre. » Auguste Rodin.

« Il est très amusant de voir, en traversant la galerie, la grande quantité d'artistes copiant différents tableaux. Les uns sont perchés sur de hauts escabeaux, d'autres sur des chaises, avec des tables devant eux. Les artistes ne sont nullement incommodés qu'on les regarde travailler, et même ils semblent être flattés d'avoir attiré cette attention, qu'ils considèrent comme un hommage. J'ai souvent été l'objet de leur politesse, qu'ils poussaient quelquefois un peu loin, jusqu'à m'offrir leur siège pour que je puisse aisément comparer la copie avec le modèle. »
Henri Redheao Yorke.

« Il est bien peu de peintres qui n'aient exécuté une ou plusieurs copies au Louvre : les uns sur commande, les autres pour l'étude. »
Edmond Duranty.

« Nous faisions des copies au Louvre, tant pour étudier les maîtres et vivre avec eux que parce que le Gouvernement achetait des copies. Cependant celles-ci devaient être exécutées avec une exactitude minutieuse, fidèle à la lettre et non à l'esprit de l'oeuvre. C'est ainsi que les travaux qui obtenaient le plus de succès devant la commission d'achat étaient ceux qu'exécutaient les mères, les épouses et les filles des gardiens du musée. On n'acceptait nos copies que par charité, ou quelquefois quand Roger Marx plaidait notre cause. J'aurais aimé faire des copies littérales comme les mères, les épouses et les filles de gardiens, mais j'en étais incapable. »
Henri Matisse.

« J'ai beaucoup copié. A peu près tout ce qu'on a fait depuis toujours. En essayant de copier on voit mieux la chose. Je questionnais intensément, longuement chaque œuvre, à tour de rôle. »
Ailberto Giacommeti
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Mise à jour
08/11/2007

 
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